Les évadées – Partie I de Marc Levy

J’ai eu la chance de pouvoir découvrir, en avant-première, dans le cadre de la Masse critique privilégiée de Babelio, le nouveau livre de Marc Levy : Les évadées – Partie I, publié par les éditions Robert Laffont.
Cécile et Olivia sont deux sœurs jumelles qui vivent éloignées l’une de l’autre depuis leur enfance et le divorce de leurs parents. La première est enquêtrice à Interpol à Lyon ; la seconde, scientifique qui a longtemps travaillé à l’Institut Pasteur, a rejoint Boston et travaille dans un laboratoire de recherche. Le roman suit alternativement leurs aventures respectives.
Aux Etats-Unis, après l’élection de Trump, la vie change et les libertés se resserrent. Le monde scientifique est particulièrement touché par une baisse des crédits, une réorientation des sujets d’étude et des licenciements. Olivia est abordée par un groupement de résistants qui souhaitent sauver la recherche et transmettre le plus de données en Europe. Prise dans l’engrenage, elle va accepter de plus en plus de risques pour les aider.
Pendant ce temps, sa sœur enquête sur de nombreuses disparitions de jeunes gens. Ils ont presque tous le même âge, sont diplômés, notamment dans le domaine de l’informatique et cherchent un emploi. Quelques témoignages émanant d’Asie du Sud Est retiennent son attention. Des personnes se seraient enfuies de camps où elles étaient retenues contre leur volonté afin de mener des escroqueries en ligne. Cécile se rend alors sur place, avec son collègue Liam, pour préparer une possible intervention d’Interpol.
Comme toujours avec cet auteur bien connu, le style est agréable à lire. Simple, fluide, sans fioriture et efficace. L’auteur fait ici le pari de mener de front deux histoires, en des lieux et avec des personnes différentes. Cette alternance ne m’a pas gênée en soi, même si je pense que les récits auraient eu plus de cohérence en étant relaté sans interruption.
J’ai bien aimé découvrir Cécile et son enquête en Asie, permettant notamment de découvrir les paysages de ces lieux, à la frontière entre le Laos et le Cambodge. Cette partie de l’histoire, au bon goût de roman d’aventure, tient bien en haleine, et les personnages mis en scène sont intéressants.
J’ai moins accroché sur le récit de Boston. J’ai trouvé Olivia assez peu crédible, passant de la scientifique timide en laboratoire à une femme prête à risquer sa vie. L’auteur a profité de ce roman, comme il l’avait fait dans son précédent, pour mettre en garde contre les privations de liberté et les dérives du monde politique américain. De nombreux paragraphes sont donc consacrés, au fil des chapitres, à l’énoncé desdites dérives, ce qui nuit en partie à la dynamique du roman. On se prend tout de même au jeu, et j’ai tout de même frémi pour Olivia.
Au final, un roman à découvrir, pour les différents messages et mises en garde qu’il contient. Et une envie réelle de lire la deuxième partie (qui sort en octobre), notamment pour lever le suspense des aventures de Cécile en Asie.
A vous de vous faire votre avis !



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