Gengis Khan et l’Empire mongol de Jean-Paul Roux

Petite chronique culturelle aujourd’hui, avec l’ouvrage Gengis Khan et l’Empire mongol de l’historien Jean-Paul Roux, publié dans la délicieuse collection des Découvertes Gallimard.
Ce petit livre, parfaitement illustré, nous présente Temudjin, cet homme vivant au XIIe-XIIIe, qui va se construire une aura mythique, sous le nom de Gengis Khan. Il transforme progressivement un peuple nomade de la steppe en conquérants, dont le nom résonne encore jusqu’à nos jours.
Les Mongols parcourent les pays, et mettent à bas de nombreuses civilisations et rejoignent même nos contrées, avant de refluer à l’Est, pour constituer un puissant État, partagé entre les descendants de Gengis Khan : la Chine, le Tibet, les steppes de Russie, la Mongolie, la Perse, l’Anatolie…
La réussite de cette conquête, certes éclair, ne leur permettra que difficilement de s’implanter sur la durée dans chacune des contrées. Toutefois, ils laissèrent une indéniable trace culturelle, liée à leur capacité à créer des syncrétismes entre leurs pratiques et celles des peuples contrôlés.
Outre la vision d’un puissant peuple guerrier, l’image de l’Empire mongol est teintée de la magie que revêtent les contrées éloignées pour les peuples de l’Europe de l’Ouest. Alors que les Grandes Découvertes n’ont pas encore ouvert la voie du continent américain, l’Est est vu comme un lieu étrange, où tout est possible et imaginable. Marco Polo, au retour de son célèbre voyage et du temps passé auprès de Kubilaï Khan, petit-fils de Gengis, publiera un récit de voyage où réalité et imagination se mêlent allégrement : animaux fantastiques, hommes à un seul pied, hommes sans cou… passent pour aussi réels que les descriptions des steppes ou de ces habitats si étonnants, ces yourtes typiques du peuple mongol.
Comme chaque opus, les Découvertes Gallimard offrent une vision simple et très accessible des grands traits de cette culture, et nous donnent des dizaines d’anecdotes, notamment, grâce au carnet en fin d’ouvrage, présentant des extraits de récits de voyage.
Je ne résiste pas à vous offrir deux de ces anecdotes. La première semblant plus réaliste que la seconde, mais je vous laisse me donner votre avis :
- Les peuples mongols, redoutables guerriers, lançaient le combat par un cri de guerre ressemblant à « Ur Ha ! », qui aurait pu être l’ancêtre de notre « hourrah »
- Dans les montagnes d’Asie vivent des nains adeptes de la chasse. En sortant de leur grotte, ils se munissaient d’une coupe de cervoise. Les animaux accouraient alors et disaient « chin-chin » !
Alors, qu’en pensez-vous ?
Une lecture charmante, passionnante, et qui donne envie de se plonger dans des ouvrages plus complets !



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