Anonîmes de Mehdi Tahenni

Nous partons aujourd’hui pour le Gard, avec le roman policier Anonîmes de Mehdi Tahenni, publié chez Librinova.
1998. Vincent Punti est policier à Nîmes. Son caractère lui permet de mener à une mission d’infiltration dans le milieu du trafic de drogues. Allié à Farouk Fellah, indic secret puis « formateur » personnel, il apprend à passer inaperçu et à acquérir la confiance du réseau dirigé par l’oncle et le père de Farouk.
En parallèle et presque chaque année, un meurtre rituel survient en marge de la féria de Nîmes. Une fois sa mission d’infiltration terminée, Vincent est mis sur cette affaire qui le passionne. C’est en 2006 que l’enquête va monter en puissance. La piste s’oriente vers les groupes de militants anti-tauromachie. Aidé par ses collègues et grâce à l’élaboration du profil psychologique du meurtrier, Vincent envisage un coupable inattendu.
2026. Alors que le calme était revenu sur la ville, le tueur de la féria parait de retour. Qui peut-il bien-être ?
Dans ce roman, l’auteur fait le choix de tisser trois intrigues, trois histoires et trois temporalités. Même si les Punti, les Farouk, et bien entendu, Nîmes, restent au centre de chacune, j’ai bien eu l’impression de lire plusieurs romans en un seul.
La partie consacrée à l’infiltration est marquée par un contraste entre la violence du milieu et l’amitié fraternelle hors norme qui se développe entre le policier et son indic.
Les deux autres parties sont des chasses à l’homme, qui se répondent entre elles, à 20 ans d’écart.
J’ai aimé le style rapide et assez corrosif de l’auteur. Comme sa capacité à décrire la psychologie de ses personnages et l’importance donnée à l’amitié, à la famille et à l’honneur. J’ai aussi trouvé que chacune de ces intrigues avaient de vraies qualités scénaristiques. Enfin, la mise en valeur de Nîmes, mais aussi de Arles, font de ce roman une belle carte postale.
J’ai pourtant été un peu déstabilisée par cette volonté de tout raconter en un seul livre, avec des transitions si fines qu’elles pouvaient faire douter du changement d’époque. Je pense que ce roman aurait mérité d’être séparé au moins en deux (l’infiltration / la quête du tueur de la féria). Ou, a minima, que les parties auraient dû être clairement séparées.
C’est, en tout cas, une plutôt belle découverte, que j’ai pris plaisir à lire !



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